Depuis mon plus jeune âge je suis celui qui dessine ou peins des «bonhommes».
Dès qu’un support me tombe sous la main je le remplis de silhouettes ; depuis 40 ans je suis responsable d’un sacré bestiaire !
Chaque séance de travail dans mon atelier fait naître une humanité peuplée d’individus  qui interagissent autant qu’ils s’ignorent. Fous et sages à la fois, créatifs et vains. Ma peinture est clairement figurative, pour autant je laisse à chacun la possibilité d’inventer l’histoire de mes personnages.

 

Un fil conducteur, à la rigueur...
...les manifestations de janvier 2015 par exemple. J'ai tout de suite eu envie de voir mes personnages se rassembler et déborder de la toile.
Des foules denses ou clairsemées, gaies, dignes, silencieuses ou rugissantes, poignantes ou abjectes, etc...
Des individus au physique sans importance, la somme de leur conviction teintant le groupe.
C’est cela que je cherche à travers ma dernière série «J+...»
Je recouvre ma toile d’une couleur dominante très dense, presque criarde. Ensuite cette sous-couche est entièrement recouverte. La tonalité redevient claire et les teintes se fondent dans un camaïeu de gris colorés. A partir de là je peux commencer à peindre en ajoutant ou en soustrayant de la matière. La musique que j’écoute alors va rythmer l’apparition du groupe. En grattant avec les outils les plus divers je peins tout autant qu’avec brosses et pinceaux. Chaque aspérité, chaque rayure est un motif unique qui caractérise l’individu tout autant qu’il lui permet de se fondre dans une dimension beaucoup plus globale et abstraite.